
Le verdict présidentiel est tombé : « Il faut trouver ceux qui ne viennent pas au travail et vous les licenciez ». Par cette instruction martiale, Brice Clotaire Oligui Nguema affiche une volonté de fer de purger l’administration. Mais entre l’effet d’annonce et l’application, se dresse un obstacle de taille, le droit.

Un fonctionnaire n’est pas un salarié ordinaire.
Protégé par le Statut Général de la Fonction Publique, son licenciement, ou « révocation », est l’aboutissement d’une procédure disciplinaire complexe et strictement encadrée.
Elle exige la preuve d’une faute lourde, le respect scrupuleux des droits de la défense et le passage devant un conseil de discipline.

Une simple liste d’absents, même transmise au Président, ne saurait légalement suffire à mettre un agent à la porte.
La sortie du Chef de l’État s’apparente donc à un formidable coup de pression politique sur une administration jugée sclérosée.
Mais elle ouvre aussi un front potentiel avec les syndicats, gardiens sourcilleux de ce statut protecteur.

La question est désormais de savoir si cette volonté de rupture se heurtera au mur de la légalité ou si elle préfigure une réforme en profondeur du statut lui-même.
La bataille entre le marteau politique et l’enclume juridique ne fait que commencer.



